MESSAGE DES DIRIGEANTS LOCAUX DE LA PRÊTRISE

    Tendez la main et servez-vous les uns les autres

    Jesus the Good Shepherd

    « Le Sauveur nous a désignés comme ambassadeurs pour sauver ses enfants. Il n'est pas ici pour le faire, et par conséquent le mandat de sauver nous incombe. »

    Il y a de nombreuses années, Walton, mon fils adolescent, et moi étions désignés comme instructeurs au foyer pour la famille Brown*. Le frère Brown était mécontent de l'Église et avait tourné le dos à l'Évangile. Sa femme, ses deux filles adolescentes et son jeune fils sont restés pratiquants. Nous avons prié jusqu’au tréfonds pour demander l'inspiration sur la manière d’aider cette famille. Avant de s’égarer, frère Brown était un frère très fidèle qui a rempli des appels importants dans l'Église. Il était secrétaire exécutif quand j'étais à l'épiscopat - et il remplissait toujours ses devoirs avec diligence.

    Les premières visites étaient un peu gênantes car il nous posait «d'étranges questions sur l'Évangile». La bonne nouvelle c'est qu'il nous a permis d’entrer chez lui. Nous n'avons pas fait pression sur lui pour qu'il revienne, nous avons juste persévéré en faisant le service pastoral avec amour. Il savait que nous étions sincères et nous nous intéressions profondément à lui et sa famille. Nous sommes finalement devenus de bons amis et il attendait avec impatience nos visites. Sa femme et ses enfants n’hésitaient pas à nous appeler quand ils avaient besoin d'aide - que ce soit pour le transport ou pour donner des bénédictions de la prêtrise. Nous nous rendions immédiatement disponibles tout le temps. Nous sommes devenus comme une famille et nous étions heureux de servir. Frère Brown n'a pas réagi immédiatement, mais nous avons continué à faire le service pastoral - avec foi que le Seigneur agira en son temps. Nous priions et jeûnions souvent, implorant le Seigneur d’adoucir son cœur et demandant conseil sur la manière de bénir, fortifier, encourager et inspirer la famille.

    Après un bon nombre d'années, les miracles se sont produits, car il a commencé à emmener son fils aux activités de l’Église. C'était génial de voir à quel point, ce faisant, il est devenu proche de son fils. Puis lentement, mais sûrement, il a commencé à aller encore à l'Église. C'était agréable à voir puisque nombreux étaient ceux qui l’avaient abandonné. La famille était ravie. En tant qu'instructeurs au foyer, nous nous sommes dit intérieurement que nos visites avaient finalement ouvert la porte à son retour. Aujourd'hui, il prend encore part dans l’Eglise de façon active. Peut-être ce qui est plus important encore, il assiste au culte au temple tous les vendredis pendant cinq heures. Il assiste incontestablement à deux sessions de dotation et sert ensuite comme veil worker.

    Il y a quelques années, j'ai accompagné Carl B. Cook pour scinder le pieu de Pretoria. Après la conférence, frère Brown m’a fait signe de venir à lui ; nous nous sommes embrassés pendant ce qui semblait être une éternité, puis au milieu des sanglots, il a dit : « C’est à cause de vous que je suis ici aujourd'hui pour assister à ceci et prendre part aux délices de l'Évangile. C'est à cause de toi ; merci, merci. » Je sanglotais avec lui et lui répondis humblement : « Ce n'est pas à cause de moi. Mon fils et moi n'étions que des instruments dans les mains de notre Père céleste. » Ce fut un moment inoubliable où tous deux nous avions fortement ressenti son Esprit.

    Walton et moi étions de vrais amis pour lui et sa famille. Nous étions vivement engagés- nôtre engagement n'était pas de remplir une mission. C'était un appel sacré où nous rendions visite au moins une fois par mois, répondant aux besoins de la famille. Le président Ezra Taft Benson a dit : « Un ami se soucie. Un ami aime. Un ami écoute, et un ami tend la main. »[i] Nous avons essayé d'être tout ce qui précède et, par conséquent, les membres de la famille nous ont appelés 'Instructeurs au foyer' au lieu de nos vrais noms. Jusqu'à ce jour, chaque fois que nous rencontrons quelqu'un de la famille, la salutation est toujours : « Bonjour, mon instructeur au foyer! »

    Quand le pharisien, docteur de la loi, demanda : « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? » Le Sauveur répondit : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée. C'est le premier et le plus grand commandement. Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »[ii]

    Il a également fait la déclaration profonde dans Jean 13:34-35: «Je vous donne un commandement nouveau: « Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres. »

    James M. Paramore (L’Etoile, mai 1981) a dit : « Lorsque l'amour de Dieu est connu et ressenti et que ses commandements sont observés, les résultats sont toujours les mêmes. Il y a un renouvellement de vie - un éveil spirituel - qui vient à l'homme. » Je suis fermement convaincu que c'était le cas avec frère Brown.

    Il y a de nombreux Brown - de nombreux pieds à stabiliser, des mains à prendre, des esprits à encourager, des cœurs à inspirer et des âmes à sauver - comme le rappelle Thomas S. Monson. Le Sauveur nous a désignés comme ambassadeurs pour sauver ses enfants. Il n'est pas là pour le faire et, par conséquent, le mandat de sauver nous incombe. Nous devons principalement tendre la main aux nouveaux membres, aux moins pratiquants, à ceux qui sont seuls et à ceux qui ont besoin de réconfort. Nous devons veiller sur eux et fortifier leur foi 'un à un' comme le faisait le Sauveur, en se familiarisant avec eux et en les aimant sans jugement.

    La valeur des âmes est grande aux yeux de Dieu. Le Sauveur a enseigné avec autorité à veiller sur son prochain. Les paraboles dans Luc 15 font allusion à ceci : la brebis perdue, la drachme perdue et l’enfant prodigue. Nous pouvons imiter le Sauveur en tant que ses disciples ; faire le bien, veiller sur ses brebis. Nous pouvons exprimer notre foi de manière pratique en touchant les cœurs, en changeant des vies et en sauvant des âmes - c'est l'un des tests d’un vrai disciple.

    « Et si vous travaillez toute votre vie à appeler ce peuple au repentir et que vous m’amenez ne fut-ce qu’une seule âme, comme votre joie sera grande avec elle dans le royaume de mon Père ! Or, si votre joie est grande avec cette seule âme que vous m’aurez amenée dans le royaume de mon Père, comme elle sera grande si vous m’en amenez beaucoup ! »[iii]

    Je ressens cette grande joie chaque fois que je vois frère Brown. Je peux attester, comme le président Monson a promis, que les bénédictions de l'éternité nous attendent lorsque nous participons activement au service. Et que si nous aimons notre Dieu, si nous aimons notre prochain, nous pouvons être les bénéficiaires de l'amour de notre Père céleste.

    * Le vrai nom a changé

    [i] Conférence générale d’avril 1987

    [ii] Matthieu 22:36-39

    [iii] Doctrine et alliances 18:15-16